flechePaix et bien !
ASMEN



La Vice-Province
1626-2005

Pour en savoir plus sur l'histoire des Frères Capucins au Proche Orient...

top Historique détaillé de la Vice-Province

Les capucins sont parmi les premiers missionnaires venus au Liban et au Proche-Orient. Ils arrivèrent des Provinces de Bretagne et de Touraine patronnés par le Roi de France et son ministre, le capucin Joseph de Tremblay, surnommé l'Éminence Grise.

Ils s'installent d'abord à Saida, au Khan des Francs en 1626. Cette ville devait rester la résidence du Préfet jusqu'en 1790. Y brilla notamment le P. Gilles de Loches, un savant et un linguiste hors pair. On lui doit l'école de Saida, le projet échoué d'une imprimerie polyglotte, l'invention d'une pâte à modeler pour une imprimerie actionnée par la force hydraulique et la fabrication d'un mortier de combat.

Deux ans après Saida (1628), les Capucins s'installèrent à Beyrouth dans une église qu'ils se partagèrent avec les Maronites pendant plus de cent ans. En 1730, ils bâtirent leur église propre face à la place actuelle Riad el Solh jusqu'au jour où ils la remplacèrent par l'actuelle cathédrale St. Louis 1868.

Les Capucins firent de Beyrouth leur base pour l'apostolat itinérant parmi les Maronites de la Montagne. Leur plus éclatant succès fut le baptême absolument certain de l'Émir « Louis-François Fakhr-ed-Dine» (1633). La réaction ottomane fut immédiate ; cinq missionnaires capucins furent arrêtés, condamnés aux galères. Deux moururent, l'un au bagne, l'autre en route des suites de ses tortures. Les Capucins, plus prudents, n'en continuèrent pas moins leurs contacts avec la famille de Fakhr-ed-Dine. Son neveu, l'Émir Melhem, les voulut prés de lui et leur offrit le couvent de Abey (1645), qui, avec l'église de St. Louis est la plus ancienne résidence, occupée actuellement par les Druses.

Les missionnaires eurent à leur actif la conversion d'une autre famille princière, celle des Émirs Abillamah, aujourd'hui tous Maronites. L'Émir Abdallah leur offrit le couvent de Salima, bâti à ses frais. Au Liban Nord, les Capucins eurent une résidence de courte durée á Hasroun (1628) qui garde le souvenir du Bx. Agathange de Vendôme, l'initiateur de l'équivalent des veillées évangéliques actuelles. Nommé au Caire (1630), le Bx. Agathange et son confrère, le Bx. Cassien de Nantes subirent le martyre en Éthiopie, pendus avec leur propre corde (1638).

De Hasroun, les Capucins descendirent à Tripoli comme chapelains des Vénitiens et curés des latins jusqu'en 1790. Après la Révolution, ils vendirent leur résidence aux Frères des Écoles Chrétiens. On doit aux capucins français une autre résidence en plein coeur du Kesrouan, à Ghazir, dont ils firent un centre de rayonnement dans les villages et les monastères maronites.

En dehors du Liban, les capucins français firent d'Alep leur centre apostolique, d'où ils rayonnèrent jusqu'à Bagdad, Mossoul, et la Perse. Ils poussèrent même jusqu'aux Indes, à Sourate, et dans la lointaine ville de Madras, berceau des florissantes provinces actuelles aux Indes. Leur apostolat fut surtout orienté vers le rattachement des Églises séparées, avec l'Église Romaine. Ils eurent la joie de ramener le patriarche syrien André Akhigian, le patriarche chaldéen Joseph Ier, le patriarche grec Cyrille Thanas, tous les trois premiers patriarches de leurs églises respectives.

La Révolution Française tarit les vocations et mit fin aux activités des Missionnaires. Les capucins italiens prirent la relève (1800-1903). L'un après l'autre, ils restaurèrent les résidences et payèrent le tribut du sang. A Damas, le P. Thomas de Catignano (Sardaigne) fut égorgé, ainsi que son serviteur Ibrahim Amara, par des juifs fanatiques qui recueillirent leur sang pour un sacrifice rituel (1840). A Abey, le P. Charles de Lorette fut abattu puis brûlé par des druzes qui incendièrent sa résidence (1845). A Antioche, le P. Basile de Novara fut assassiné par les hommes du Mufti qui roulèrent son cadavre dans un tapis déposé sur l'autel (1851). Les Capucins Italiens, aidés d'autres confrères Espagnols se déployèrent avec succès en Arménie et en Mésopotamie (Mardine - Orfa - Malatia - Kharput - Maamouret-ul-Aziz). Ils ouvrirent d'autres postes à Antioche - Tarse - Khoderbek et Mersine. Leur apostolat fut En 1903 la Propaganda confia les deux Missions de Syrie et de Mésopotamie à la Province de Lyon.

Les Lyonnais centrèrent leurs efforts sur la recherche de vocations orientales et sur les écoles de village confiées à un homme de Dieu, le P. Jacques de Ghazir. Il couvre l'avant-scène capucine avec ses 230 écoles et ses 10.000 tertiaires. La guerre l'éprouva durement: ses confrères expulsés, lui-même soupçonné et arrêté. La Mission déplora le massacre de 1.500.000 chrétiens, victimes d'un odieux génocide. Parmi eux deux jeunes capucins baabdatiens, le P. Léonard Melki martyrisé avec le convoi du Bx. Ignace Maloyan (11/6/1915) et dont le procès de béatification est en cours, et le P. Thomas Saleh mort d'épuisement sur la route de l'exil (28/2/1917).

Revenus fin 1918, les capucins se dépensèrent au service des malheureux, notamment par les soupes populaires, les orphelinats et les ouvroirs. L'afflux des étrangers, la présence de l'Armée Française amena les Missionnaires à modifier leur méthode d'apostolat: On vit alors surgir la nouvelle paroisse de Hamra flanquée d'un petit séminaire appelé École Séraphique.

A Deir-Ez-Zor et à Soueida furent aménagés pour les soldats des chapelles qui devinrent dans la suite des paroisses et des points de départ pour un apostolat itinérant et des centres de catéchèse. A partir de 1950, la direction de la Mission fut confiée à des Orientaux. Après des années de malaise et de tâtonnements la bonne marche reprit malgré la guerre de 1975-1990, au cours de laquelle une nouvelle victime s'ajouta au palmarès capucin avec la mort du Fr. Ferdinand Abou Jaoudé, déchiqueté par une bombe.

Actuellement nous bataillons sur plusieurs fronts : Au Liban, avec la paroisse de St. Louis, celle de Hamra, N. D. des Anges, avec leurs écoles secondaires : l'École Séraphique transférée à Batroun est devenue le Collège St. Joseph. Une insistance spéciale vise la formation des jeunes tant en Italie (Cremona - Milano) qu'au Liban avec le noviciat de Sourate et le post­-noviciat de Mtayleb.

Un effort particulier est porté sur le Tiers-Ordre et la Jeunesse Franciscaine. Refusant de nous replier sur nous-mêmes et malgré notre petit nombre, nous avons élargi notre horizon pour prendre en charge, avec d'autres capucins, les chrétientés du Golfe: Doubaï - Abou Dhabi - Qatar. Sur place, notre vue oecuménique a poussé un de nos frères à se consacrer au service des Migrants, notamment Philippins, Sri lankais et Ethiopiens, estimés à eux seuls 125.000.

Et maintenant, où allons-nous ? Loin de prendre à notre compte et pour notre gloriole les exploits de nos Pères, nous envisageons avec sérieux notre avenir.

Et voici nos priorités :

  • Restructurer notre vie communautaire et fraternelle dans une optique franciscaine.
  • Consolider la formation de nos jeunes et moins jeunes religieux en réponse à leur personnalité et aux besoins présents.
  • Assurer une meilleure présence au service des chrétiens du Liban, de Syrie et du Golfe.